Il existe un courant artistique, l'expressionisme abstrait, que Jackson Pollock, Marck Rothko, Willem de Kooning ou encore Lee Kursner et quelques autres, avaient entrepris d'explorer avec talent à partir du début des années cinquante.
 
C'est ce courant artistique que Patrick Pijollet est parti poursuivre, avec l'envie d'y apporter sa contribution.
 
Le projet artistique "Revolutions" mené depuis plusieurs années par Patrick Pijollet, est effectivement en droite ligne avec l'expressionnisme abstrait et y apporte de nouvelles perspectives d'explorations. 
 
L'expressionnisme abstrait, c'est la peinture en mouvement, les grands formats, la couleurs et l'action et on retrouve bien toutes ces essentielles composantes dans le travail de Patrick Pijollet. La nouveauté réside dans la façon dont le mouvement est induit, non plus par le geste mais par l'utilisation de la gravité et des écoulements qui en résultent. En quelques sortes, c'est la peinture elle meme qui crée son propre chemin sur la toile en coulant vers le sol, se frayant un chemin parmi le relief des traits de peinture précédemment posés. Les couleurs se côtoient, s'entrecroisent, parfois se superposent. Le trait parfois s'arrête en chemin, lorsqu'il n'y a plus de peinture pour alimenter son élan, parfois au contraire, il arrive avec force au bout de la toile et coule au sol. Puis, tout s'arrête et la toile reste ainsi, la tête en bas, présentant une sorte de désolation colorée, jusqu'à que sèchent les couleurs.
 
La toile est ensuite remise "a l'endroit", effectuant cette révolution elle est désormais dans le sens inverse de celui dans lequel elle a été peinte, la désolation de la chute des couleurs, poussées vers le bas par la gravité, fait alors place au jaillissement.

Les traits colorés semblent maintenant inexorablement propulsés vers le ciel. On y voit un feu d'artifice, une forêt, un champ de blé, une projection ...